Avis de recherches sur le tanka

Mise à jour : 2 avril 2014

Ici, vous trouverez les quelques thèmes de recherches sur le tanka pour lesquels vous pourriez contribuer par des articles.

Bien entendu, ces thèmes ne sont pas exhaustifs et toute proposition sera examinée en vue de publication dans la revue.

PROPOSER UN ARTICLE  : ecrire@revue-tanka-francophone.com

  • La proximité du tanka versus la philosophie shintô

  • Tanka et manga
  • Tanka des poétesses et poètes aux périodes Nara, Heian, Meije

  • Tanka contemporains japonais

  • Tanka contemporains francophones

  • Le rôle des poètes dans la naissance de l'écriture japonaise

  • Recension de livres de poètes du tanka ou d'essais de littérature consacrés au tanka

  • l'écriture de tanka et prose
  • L'art du renga à travers les âges

  • L'intertextualité

Revue du tanka francophone - février 2014

Principes du tanka

 

 

Le tanka ou anciennement, le waka est d’origine japonaise et "exprime les sentiments les plus intenses avec une musicalité, une légèreté et une retenue qui confèrent à ces poèmes une beauté lumineuse... Le peuple japonais est unanime à l'admirer pour sa compassion, sa fraîcheur d'âme, ainsi que pour ses qualités de simplicité et d'élégance." (quatrième de couverture de "Sé-oto, le chant du gué" - anthologie de 53 waka de l'impératrice Michiko du Japon, traduits par Tadao Takemoto avec la collaboration d'Olivier Germain-Thomas).

 

Pour le sens, nous nous référons à Fujiwara no Teika (1162-1241) qui prônait la réintroduction du lyrisme dans la poésie. Selon lui, « Sens et expression seraient comme les deux ailes d’un oiseau. » De sorte qu’un des principes forts du tanka réside dans la juxtaposition de deux éléments: d’une part, la réalité du monde dans lequel nous vivons, attentifs à la nature, à travers la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût et le toucher ; d’autre part, les sentiments que cela nous inspire. Et nous trouvons là tout un rapport à l’impressionnisme.

 

Dans son écriture du Japon ancien, il se compose en 5 fragments, écrits en 31 symboles on (ou more) disposés sur une seule ligne, avec une répartition des on en 5-7-5-7-7 pour les 5 fragments. Selon Maxianne Berger, « Le poème, empruntant une syntaxe sans grammaire obligatoire, se compose de fragments, même disparates, d’images et de sentiments … » Pour autant, la simple juxtaposition d’éléments trop abondants, relevant plus de l’inventaire et ne faisant pas sens, ne constitue pas un tanka. Le troisième ou le quatrième vers peut fonctionner comme pivot, unissant, de façon elliptique, ce qui précède à ce qui suit. Le tout réussit à suggérer une épiphanie de la nature humaine, à synthétiser une vérité qu’on peut sentir sans nécessairement la saisir. Le distique du tanka apporte à la réalité évoquée dans le tercet une dimension d’universalité. Le tout réussit à suggérer une émotion humaine, à synthétiser une vérité qu’on peut sentir sans nécessairement la saisir. » Il n’y a pas de séparation entre ces fragments, ni entre les mots. La préoccupation majeure, est de créer un poème, par des mots, leur agencement, leur authenticité du sentiment et leur rythme. Il faut que le poème « fasse sens », comme le soulignait Teika.

 

Nous pensons également qu’il est nécessaire de créer un poème, issue de notre culture francophone, laquelle était très proche des japonais, dans l’esprit impressionniste. De fait, l’usage  de vers impairs, et notamment les 5 et 7 syllabes, n’est pas anodin. Cela participe de la musicalité, chère à Verlaine et Mallarmé, tout comme aux poètes japonais, y compris contemporains, comme Machi Tawara.

 

Quelque soit la culture, le tanka se doit de respecter les 5 vers non-rimés qui maintiennent la musicalité tout en préservant la brièveté. Ainsi, écrire cinq vers de 31 syllabes ne suffit pas. La forme et le style ont leur importance, mais plus encore le sens, comme le soulignait Teika. Écrire du tanka, c’est apprendre à se servir des résonances, des allitérations ; c’est donner une « couleur » au poème. 

 

Et la modernisation du tanka, nous la devons notamment à une femme, Machi Tawara ; pour elle, ce poème est lié à la vigueur de l’instant, en y insufflant une sensibilité en phase avec la modernité urbaine. Elle a dit de sa poésie : « À travers un rythme régulier, les mots commencent à s’ébattre pleins de vie, à répandre un éclat énigmatique. C’est ce moment que j’aime. »

 

Enfin, pour écrire de bons tanka, il est essentiel de lire d’autres auteurs, anciens ou contemporains, de sortir le poème de son cœur et de le lire à haute voix – vous  jugerez ainsi si sa musicalité est susceptible de toucher les oreilles du lecteur. En outre, il convient de ne rechercher ni l’emphase, ni la poétisation (le mot ou l’expression qui « fait beau »). Viser  la plus grande simplicité  dans le choix  des mots; seul leur agencement leur confèrera de la force .Plus la simplicité est grande, plus on se rapproche de l’essentiel.

 

Patrick Simon

Directeur des Éditions et de la Revue du tanka francophone, en collaboration avec le comité de sélection des tanka de la revue.

 

Le premier numéro de la Revue du tanka francophone - septembre 2007